Amoris Laetitia (condensé)

« Pape François : Amoris Laetitia. La joie de l’amour » 

Condensé outil de lecture  (Roger Philibert) (Les mots et expressions sont de François mais les paragraphes sont très condensés et donc le texte devient style « télégraphique » …)

Le parcours synodal a été beau et éclairant (4) Les débats vont d’un désir de tout changer sans réflexion suffisante à la prétention de tout résoudre en appliquant des normes générales (2) « Rappelant que « le temps est supérieur à l’espace »… tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux, ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. Certes unité de doctrine et de praxis mais il y a différentes interprétations et il en sera ainsi toujours. En outre dans chaque région peuvent être cherchées des solutions plus inculturées (3). Cette exhortation est longue à ne pas lire hâtivement. Selon les chapitres, des accents : Ch 4 et 5 plus pour  familles, ch 6 plus pour agents pastoraux, ch 8_ interpellation pour tous.

Chapitre 1er A la lumière de la Parole. N° 8 à 30.

D’abord un regard sur les 2 ch de la Genèse : la relation féconde du couple est une image pour découvrir le mystère de Dieu.  La famille est comme une maison, une maison et une Eglise domestique où grandiront les enfants (14-18) . Pour le chemin (un travail et parfois des souffrances), la Parole ne sera pas thèses abstraites mais compagne de voyage. Le Christ introduit amour, don et tendresse (27-30)

Chapitre 2 La réalité et les défis de la famille. (N° 31-57)

Regarder les réalités concrètes car elles sont le lieu des appels de l’Esprit(31) Sont notés les changements anthropologiques (32), la culture individualiste (32),  les rythmes de vie, l’ambiguïté de la liberté (33) Proposer le mariage mais présenter raisons et moyens plutôt que imposer des normes avec autorité (35) Autocritique ecclésiale, pour accent trop exclusif sur la procréation ; pour idéal théologique trop abstrait (36) Présenter le M comme un idéal dynamique de développement et d’épanouissement ; laisser de la place à la conscience des fidèles ; Montrer des chemins de bonheur plutôt que se défendre d’un monde décadent (37-8). Ceci dit, défis…  La culture du provisoire où tout est jetable... le narcissisme (39) et aussi les problèmes économiques, la peur, les tendances culturelles, la mentalité antinataliste, les conditions législatives, le logement  (40-44). Enfants hors familles, exploités, migrations, handicapés, familles submergées par la misère, toxicomanie, anxiété (45-52). Et aussi cohabitation, polygamie, absence de droits des femmes, idéologie du gender (56). Ne pas s’épuiser en lamentations autodéfensives, réveiller une créativité missionnaire.

Chapitre 3   Regard sur Jésus. Vocation de la famille.  (N° 58-88)

Pas de pure défense d’une doctrine froide et sans vie mais contempler le Christ vivant présent dans tant d’histoires d’amour (58-60)  Pour Jésus, l‘indissolubilité n’est pas un joug mais un don (61) Le Fils de Dieu est venu dans une famille humaine (64-66). Après une évocation des documents ecclésiaux : Vat 2, Paul  6­, JP2, suit une partie centrale sur le sacrement de mariage (71-75) Le Christ a élévé le mariage au rang de signe sacramentel de son amour pour l’Eglise. Le mariage est une vocation ! Même si elle est imparfaite, il y a une analogie entre l’amour H/F et l’amour XT/Eglise. L’union sexuelle est chemin de croissance.  Les baptisés sont les ministres de leur sacrement de M, par leur consentement.

Suit une partie (sera développée au ch8) sur les situations imparfaites (76-79) Le principe : nourrir les germes qui attendent encore de mûrir. Le discernement des « semences du Verbe » dans les autres cultures peut être appliqué aussi à la réalité conjugale et familiale ; il y a des éléments positifs dans les formes matrimoniales  d’autres traditions ; dans le concubinage, les divorcés remariés... A regarder avec amour, à accompagner (78) Discerner et éviter les jugements qui ne tiennent pas compte de la complexité. Suit une partie sur la transmission de la vie et l’éducation des enfants (80-85) Rappel : la sexualité est ordonnée à l’amour et s’ouvre à une fécondité qui la prolonge. Auj risque de réduire l’engendrement de la vie à une variable du projet individuel. Respect de la dignité de la personne (régulation)  et respect de la vie (avortement). Ccl L’Eglise est une famille de familles (86-88)

Chapitre 4 L’amour dans le mariage  (N° 89-164) (52 pages)

Il faut parler de l’amour, c’est le but de la grâce du M. Suit une longue méditation de l’hymne à l’amour de St Paul en 1 Co 13 (90-119, 20 pages). Grandir dans la charité conjugale car le M est l’icône de l’amour de Dieu pour nous. Il est donc une mission (120-121) Cependant ne pas faire peser une exigence de ressemblance parfaite. C’est plutôt un processus dynamique (122) La plus grande des amitiés …totalisante, ouverte au définitif (123-125) Joie mêlée d’efforts (126), tendresse plus que possession (127), regard qui valorise (128), affronte la souffrance (129).Le M donne une configuration visible à l’amour dans la société (131) Trois mots clés : s’il te plait, merci, excuses (132) Non famille parfaite mais en constante maturation (134-135) 5 numéros (136-141) sur le dialogue : il s’apprend, se donner du temps, savoir écouter, accueillir la différence, ouverture et souplesse pour être une « diversité réconciliée », sans concurrence, avec des gestes de prévenance et le partage.

Le texte continue sous le titre : un amour passionné et commence par valoriser le monde des émotions car l’amour a besoin de plaisir, tout en relativisant... vers une sensibilité harmonieuse (142-147) car Dieu aime l’épanouissement de ses enfants : un eros réel qui a des limites mais pas de volonté d’élimination du désir (149) Valeur authentique de la sexualité humaine, langage interpersonnel, plaisir et émerveillement (150-152) La sexualité est victime de nombreuses pathologies : violence, domination et manipulation, insatiabilité. Pour rejeter toute soumission sexuelle, il faut interpréter correctement Ephésiens 5,22 (« Femmes, soyez soumises.. ») . Les expressions corporelles de l’amour sont un donner et recevoir à ne pas  déprécier ni négliger (153-157)  Entre mariage et virginité, ni infériorité ni supériorité L’un est signe christologique, l’autre signe eschatologique et le célibat risque d’être une solitude confortable (158-162) La prolongation de la vie amène à une transformation de l’amour (tendresse)

Chapitre 5 L’amour qui devient fécond  (N° 165-198)

La famille est le lieu de l’accueil de la vie come don de Dieu. Horreur qd l’enfant est vu comme « une erreur » ! Que deviennent les droits de l’enfant ? Les familles nombreuses sont une joie pour l’Eglise mais responsabilité et liberté inviolable des parents en tenant compte des réalités sociales (165-167) F. parle de l’amour pendant la grossesse où la mère collabore avec Dieu. Que l‘enfant se sente attendu ; c’est un être humain, aimé pour lui-même. Une joie ! (168-171). Pour sa maturation, il a besoin d’un père et d’une mère. Ne pas affaiblir la présence maternelle mais danger de l’absence du père (172-177). Suivent dix numéros intitulés « fécondité plus grande » : il y a d’autres manières de vivre la fécondité de l’amour. Un N° sur l’adoption : Toujours l’intérêt supérieur de l’enfant. Ouverture sur la société et les responsabilités sociales ; et aussi sur le corps de l’Eglise. Place de la famille élargie (178-187) Etre des enfants qui honorent père et mère mais aussi qui les quittent. Rester des enfants qui prennent en compte les personnes âgées et ont une mémoire historique (188-193). En famille, on apprend à vivre en frères. Elargir son cœur à une grande famille qui inclue les isolés, les mamans seules, les enfants abandonnés… etc ( 194-198)l

Chapitre 6  Quelques perspectives pastorales  (N° 199-259) (45 pages)

Nouveaux chemins pastoraux à chercher par les différentes communautés en tenant compte des enseignements de l’Eglise et des nécessités et défis locaux. Annoncer comme une joie, pas seulement présenter des normes, proposer des valeurs, répondre aux besoins, dialoguer et coopérer avec les structures sociales (201) Pour cela former les ministres ordonnés ( ? expérience orientale…), les séminaristes (équilibre, expérience de terrain et présence féminine), et formation de laïcs pour la pastorale familiale (202-204) Suivent douze numéros sur la préparation au mariage : y compris lointaine.. permettant connaissance, discernement et accueil d’une vocation ; préparation de la célébration (+ que la fête) découverte du sens des gestes et surtout le poids des consentements, place de la prière (205-216). Accompagnement aussi des premières années, compte tenu de la fragilité : faire découvrir les étapes d’un parcours, histoire de dialogue et « négociations », deuil d’attentes trop élevées (217- 221). Un numéro est consacré à la planification familiale.. par un dialogue consensuel, le respect et la dignité. Doit être encouragé le recours à ce qui est naturel mais ce sont en dernier ressort les époux eux-mêmes qui doivent décider devant Dieu (222) Accompagnement après le mariage car l’amour a besoin de temps ; apprendre à communiquer… accompagnement spirituel : groupes et paroisses sont invités à mettre en oeuvre des moyens… réunions fréquentes impossibles mais occasions par ex des baptêmes  (223-230) Eclairer les crises et les difficultés, ne pas nier les problèmes, refuser l’isolement, favoriser l’art difficile de la réconciliation, guérir les vieilles blessures (manque d’amour) (231- 240). Accompagner après les ruptures et les divorces. La séparation est parfois inévitable et remède extrême. Prendre la souffrance de ceux qui ont subi. Encourager les divorcés non remariés (241-242). « Important » : faire en sorte que les divorcés engagés dans une nouvelle union sentent qu’ils font partie de l’Eglise, soient participants dans la cté et accompagnés avec respect, sans aucune discrimination (243) . On facilitera les reconnaissances de nullité. Attention aux enfants (parfois otages). Les ctés : ne pas laisser seuls dans leur nouvelle union les parents divorcés (244-6) Les  mariages  mixtes demandent une cordiale collaboration des églises. Les mariages avec un non baptisé sont une occasion de dialogue interreligieux. Pour l’accès au baptême, le texte renvoie au discernement de l’évêque (247-249) Deux numéros seulement sur la question de l’homosexualité : pas d’assimilation à un mariage mais demande de respect et refus de toute discrimination injuste (250-251) Attention aux familles monoparentales (252). Face à la mort, accompagner le deuil, donner de l’espérance, aider à reconstruire et aider à la prière ( 253-258)

Chapitre 7  Renforcer l’éducation des enfants   (N° 259-290)

Responsabilité incontournable.. mais l’obsession n’éduque pas : créer des processus plus que dominer des espaces (260-2) Pour la formation morale et l’éducation de la volonté, des parents dignes de confiance qui montrent le bien visé par l’effort et les habitudes (264-6) Devenir libres (267) Sanctions utiles si reconnaissance ; discipline non mur (268-270) Patience : propose des petit pas plutôt qu’exiger ; éduquer à la patience, ne pas nier le désir, apprendre à différer..(271-5) La famille est école de socialisation : place à l’autre, à la compassion, au vrai dialogue (276-279) Education sexuelle dans le cadre d’une éducation à l’amour, au sens critique, à la pudeur, apprentissage patient du langage du corps, respect et valorisation de la différence (tout en sachant les stéréotypes)(280-286) Parents instruments de Dieu pour la transmission de la foi , sujets actifs de la catéchèse, donnant l’exemple de la  prière, de la place de la foi et des œuvres de miséricorde (287-290).

Chapitre  8 Accueillir et intégrer la fragilité (situations « imparfaites ») (291-312)

L’Eglise est consciente de la volonté de Dieu et aussi de la fragilité de ses fils et se tourne avec amour vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète. Dieu agit aussi en eux. Proposer la perfection et accompagner la fragilité  (hôpital de campagne) (291) Après avoir rappelé ce qu’est le mariage chrétien… d’autres formes d’union le réalisent au moins en partie, en valoriser les éléments constructifs (292) Mariage civil, cohabitation stable (raisons culturelles ou contingentes) demandent attention encourageante. Et constructive (vers un cheminement). Il y a gradualité non pas de la loi mais du cheminement des libertés (293-5) Discernement des situations dites « irrégulières » (296-303) Deux logiques dans l’histoire : exclure et réintégrer.. Jésus intègre, donc éviter les jugements qui ne tiennent pas compte de la complexité. Aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la cté. Révéler la divine pédagogie de la grâce. Les divorcés remariés sont dans des situations diverses à ne pas cataloguer dans des affirmations rigides. (Ex : seconde union ancienne, fidèle, avec enfants, don de soi et engagement chrétien avec impossibilité de faire marche arrière sans nouvelles fautes), situation subie, nullité…etc  Doivent être intégrés. Discerner les exclusions injustes. L’Esprit Saint déverse en eux ses dons.(297-299) Cette exhortation n’est pas nouvelle législation mais encouragement au discernement et à l’accompagnement. Avec pour chacun exigence de vérité et recherche de la volonté de Dieu  (300). L’Eglise a toute une réflexion sur les circonstances atténuantes. « Il n’est pas possible de dire que ceux qui vivent dans une situation irrégulière vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante » (301) La conscience des personnes doit être mieux prise en compte même si elle n’atteint pas l’idéal (303).  Normes et discernement (304-306) : Il est mesquin de  limiter le jugement à la correspondance à la Loi. Les normes ne recouvrent pas toutes les situations particulières et une situation particulière ne peur s’ériger en loi (St Thomas d’Aquin) Un pasteur ne peut se contenter d’asséner des lois. La loi naturelle n’est pas un ensemble de règles figées. Il est possible que dans une situation objective de péché, on puisse vivre de la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, grandir dans la vie de la grâce, en recevant à cet effet l’aide de l’Eglise (305) (note 351 : Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements) Reste toujours la voie de la charité(306 ­)   Suivent cinq numéros sur « la logique de la miséricorde pastorale ». L’Eglise ne doit pas renoncer à proposer l’idéal  mais accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles. Compassion et non jugement, sans se protéger des situations concrètes. A la rencontre de tous sans exclure personne. Pas contrôleurs de la grâce mais facilitateurs.

Chapitre 9  Spiritualité matrimoniale et familiale   (313-325) Présence de la trinité dans la vie familiale, chemin de sanctification. Chemin pascal d’union au Christ. Participation à l’œuvre de Dieu. En finale, une prière à la ste famille.